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Voyager avec des médicaments : avion, ordonnance, pays stricts (enfant allergique, asthmatique, diabétique)

Un sirop pour la toux, l'inhalateur du petit dernier, le stylo d'adrénaline de la grande qui est allergique aux arachides, l'insuline d'un enfant diabétique : en famille, la trousse à pharmacie pèse vite plus lourd que prévu. Et chaque étape a ses règles, du contrôle de sûreté à la douane du pays d'arrivée. Voici ce que disent les sources officielles en 2026. Pour le contenu de la trousse et les doses, c'est le médecin ou le pharmacien qui adapte à votre enfant.

En avion : le traitement voyage en cabine

La règle des liquides limités à 100 ml dans un sac d'un litre ne s'applique pas aux médicaments. La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) l'écrit clairement : les liquides à usage médical restent autorisés « en quantité nécessaire à la durée du voyage ». Le voyage compte l'aller, le séjour et le retour. Les comprimés et gélules ne sont soumis à aucune restriction.

Il faut seulement pouvoir justifier : une ordonnance ou une attestation médicale suffit. Les aliments liquides pour bébé suivent la même logique, avec la présence de l'enfant comme justificatif (notre guide prendre l'avion avec un bébé détaille ce point).

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande de garder tout ou partie des médicaments en cabine, à cause du risque de bagages perdus ou retardés. Ameli conseille de mettre en plus une réserve dans la valise en soute, si les médicaments supportent les variations de température.

Dans le bagage à main

Traitement
Le traitement de fond et celui des crises, en quantité suffisante pour le trajet et un éventuel retard
Papiers
Ordonnance en DCI, certificat pour le matériel d'injection, plan d'action en cas de crise

Dans la valise en soute

Réserve
Une partie du stock, si les médicaments supportent le froid et la chaleur
Copies
Une photocopie des ordonnances et du carnet de santé

Enfant asthmatique. Selon le HCSP, l'enfant doit être équilibré avant le vol et garder en cabine le traitement des crises (bronchodilatateur, avec sa chambre d'inhalation s'il en utilise une) ainsi que le traitement de fond s'il doit le prendre pendant le vol. Le HCSP conseille aussi de faire rédiger par le médecin un plan d'action en cas de crise.

Enfant diabétique. L'insuline et le matériel de surveillance de la glycémie sont autorisés en cabine. Le HCSP conseille de prévoir le double des quantités nécessaires et de répartir le matériel entre plusieurs bagages. Seringues, aiguilles et stylos sont acceptés en cabine avec un certificat médical, de préférence en anglais. Une pompe à insuline ou un capteur de glucose ne doivent pas passer aux rayons X : prévenez les agents au contrôle. Le guide de la Fédération française des diabétiques, réalisé avec la DGAC, déconseille les blocs réfrigérants qui risquent de congeler l'insuline et propose plutôt un étui isotherme.

Enfant allergique. Le HCSP recommande de se renseigner auprès de la compagnie pour savoir si l'allergène est servi dans les repas à bord, et comment garder un stylo d'adrénaline en cabine. Il n'existe pas de règle de sûreté française propre aux stylos, aux inhalateurs ou aux poches de froid : c'est la compagnie qui précise ses conditions.

L'ordonnance : en DCI, et si possible traduite

Toutes les sources officielles le répètent : emportez l'original de l'ordonnance, avec les médicaments désignés par leur dénomination commune internationale (DCI), c'est-à-dire le nom de la molécule plutôt que celui de la marque. C'est ce nom qu'un pharmacien ou un douanier comprendra à l'étranger. Le HCSP conseille d'y joindre une traduction en anglais, et, en cas de maladie chronique, un compte rendu médical traduit dans la langue du pays ou au moins en anglais.

Autres précautions données par le HCSP et ameli :

  • prévoir tout le traitement du séjour, plus une marge en cas de retour retardé ;
  • garder les médicaments dans leur boîte d'origine, pas en vrac, pour pouvoir relire la notice ;
  • emporter une photocopie ou une version numérique du carnet de santé plutôt que l'original.

Un long séjour ? Le pharmacien peut tout délivrer en une fois

En temps normal, la pharmacie ne délivre qu'environ un mois de traitement à la fois. Ameli décrit une dérogation pour les séjours à l'étranger de plus d'un mois et de moins de six mois :

  1. le médecin prescrit en DCI et écrit sur l'ordonnance « à délivrer en une fois pour départ à l'étranger pour x mois » (six mois au maximum) ;
  2. le pharmacien vérifie l'ordonnance et vous fait remplir une attestation sur l'honneur ;
  3. il délivre alors tout le traitement. Dans certains cas, il demande d'abord l'accord de votre caisse d'assurance maladie.

La dérogation est réservée aux situations où le traitement risque d'être difficile à trouver sur place. Elle exclut les séjours en métropole et dans les départements d'outre-mer, ainsi que les trousses de secours. Les médicaments à durée de prescription limitée (stupéfiants, somnifères, anxiolytiques) gardent leur durée maximale.

Ritaline, Concerta, morphine : une attestation de transport

Certains traitements sont classés comme stupéfiants ou assimilés. L'ANSM cite notamment le méthylphénidate (Ritaline, Concerta, Quasym, prescrits pour le trouble du déficit de l'attention), la morphine, l'oxycodone, le fentanyl, la méthadone ou la buprénorphine. Ils sont contrôlés dans de nombreux pays, et la démarche dépend de la destination.

Dans l'espace Schengen

Démarche
Autorisation de l'ARS de la région où exerce le médecin, avec le formulaire Cerfa 10083*03 et l'ordonnance originale
Durée
30 jours au maximum, un formulaire par médicament

Hors Schengen

Démarche
Attestation de l'ANSM si le pays l'exige, à demander au moins 10 jours avant le départ
Durée
28 jours de traitement au maximum (14 pour la méthadone en sirop)

L'autorisation Schengen repose sur l'article 75 de la convention d'application de l'accord de Schengen. Selon l'ARS Île-de-France, elle doit être présentée sur demande des douaniers, policiers ou gendarmes, à l'aller comme au retour. L'espace Schengen compte 29 pays selon la liste de l'ANSM. Chypre et l'Irlande n'en font pas partie.

Hors Schengen, chaque pays a ses règles : il peut exiger une attestation, limiter le nombre de jours de traitement, ou interdire purement et simplement un médicament. L'ANSM renvoie vers le site de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), qui publie des fiches par pays, et conseille de contacter l'ambassade du pays de destination. Pour un séjour plus long que la durée couverte, l'ANSM conseille de prévoir la suite du traitement dans le pays d'accueil.

Les pays qui contrôlent des médicaments courants

Ce qui s'achète sans ordonnance en France peut être contrôlé ailleurs. Quelques exemples tirés des sources officielles, au 3 octobre 2026 :

Pays Ce qu'il faut savoir
Japon Jusqu'à un mois de traitement sur ordonnance sans démarche. La codéine et la pseudoéphédrine (présente dans certains médicaments contre le rhume) sont classées au-delà de certains seuils de concentration. Une autorisation préalable est alors nécessaire : le ministère japonais demande de déposer la demande au moins 14 jours avant, France Diplomatie parle d'un délai d'un mois. Les amphétamines, dont l'Adderall, sont interdites. Le méthylphénidate ne demande pas d'autorisation, mais un certificat du médecin au-delà de certaines quantités.
Émirats arabes unis France Diplomatie signale que les médicaments contenant de la codéine sont considérés comme des stupéfiants, interdits et sévèrement punis. Une demande d'autorisation en ligne auprès du ministère émirien de la santé est obligatoire avant le voyage pour les médicaments réglementés. Les contrôles concernent aussi les passagers en transit à Dubaï et Abou Dabi.
Singapour Jusqu'à trois mois de traitement, avec une copie de l'ordonnance et les boîtes d'origine. Une approbation préalable, à demander au moins deux semaines avant, est requise pour certaines substances, dont la codéine, le dextrométhorphane (certains sirops contre la toux) et le méthylphénidate.
Indonésie France Diplomatie signale des contrôles fréquents et une attention particulière aux psychotropes, comme les anxiolytiques, considérés comme des drogues. L'ordonnance est indispensable.
États-Unis Les douanes américaines demandent une ordonnance ou une lettre du médecin en anglais, les médicaments dans leur emballage d'origine, et conseillent de ne pas dépasser 90 jours de traitement.

Ces règles évoluent. Avant de partir, vérifiez la fiche santé du pays sur France Diplomatie et la fiche de l'OICS, ou interrogez l'ambassade.

La trousse des enfants

« Il n'existe pas de trousse de pharmacie type », rappelle le HCSP : elle dépend du voyage, de sa durée et de l'âge des enfants. Le HCSP et ameli citent notamment :

  1. Contre la douleur et la fièvre : le paracétamol, qui se conserve bien à la chaleur, et un thermomètre incassable.
  2. Contre la déshydratation : des sachets de solution de réhydratation orale, surtout pour les tout-petits et dans les pays chauds.
  3. Pour les petits bobos : antiseptique en dosettes, pansements et compresses stériles, pince à épiler, tire-tiques, sérum physiologique en unidoses.
  4. Contre le soleil et les moustiques : crème solaire d'indice maximal, répulsif adapté à l'âge (déconseillé avant 6 mois, où la moustiquaire est essentielle), traitement contre le paludisme si la destination l'exige.
  5. Le traitement habituel de l'enfant, en quantité suffisante, avec son matériel et son certificat.

Le HCSP déconseille les formes liquides et les suppositoires, qui fondent à la chaleur, et précise que la forme et le dosage doivent être adaptés à l'âge. Pour la diarrhée d'un enfant, ameli rappelle que la plupart des médicaments sont contre-indiqués et qu'il faut surtout éviter la déshydratation et demander un avis médical. Pour les vaccins et le paludisme, voyez notre guide vaccins et santé des enfants en voyage.

Enfant allergique : ce qu'il faut prévoir

Le HCSP recommande de faire rédiger par le médecin ou l'allergologue un plan d'action en cas de réaction grave, de garder les traitements toujours avec soi, et de se munir du nom et d'une photo des allergènes. Les documents d'information validés par l'ANSM pour les stylos EpiPen et Anapen demandent d'avoir en permanence deux stylos sur soi.

Attention à la chaleur : le HCSP indique que les stylos d'adrénaline se conservent mal au-delà de 30 °C, et la brochure EpiPen fixe la limite à 25 °C. Vérifiez la notice de votre stylo. Pour le restaurant, le HCSP mentionne des cartes d'allergie alimentaire, proposées par des associations en français ou traduites dans d'autres langues, que le médecin peut remplir.

Acheter des médicaments sur place

La plupart des médicaments se trouvent en pharmacie à l'étranger. Mais l'OMS estime qu'au moins un produit médical sur dix est de qualité inférieure ou falsifié dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, souvent vendu en ligne ou sur des marchés informels. France Diplomatie demande de ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue. Pour l'insuline, le HCSP signale que la concentration peut être différente de celle utilisée en France.

Au retour : ce que dit la douane

La douane française accepte une quantité correspondant à un usage personnel : la durée de traitement prévue par l'ordonnance, ou, sans ordonnance, trois mois. Au-delà de trois mois, il faut présenter l'ordonnance. Pour les stupéfiants et psychotropes, l'ordonnance originale est obligatoire, et la quantité doit correspondre à la durée de traitement qu'elle prévoit (à défaut, environ un mois). En revanche, aucune attestation de transport n'est demandée par les autorités françaises pour revenir en France.

Pour les soins en cas de pépin à l'étranger, notre guide assurance voyage en famille fait le point sur la carte européenne d'assurance maladie et l'assistance.

Questions fréquentes

Peut-on prendre un sirop ou un médicament liquide de plus de 100 ml en cabine ?
Oui. La DGAC indique que les médicaments liquides restent autorisés en quantité nécessaire à la durée du voyage, aller, séjour et retour compris. Prévoyez un justificatif, ordonnance ou attestation médicale, à présenter au contrôle de sûreté. Les médicaments solides (comprimés, gélules) ne sont soumis à aucune restriction.
Faut-il une autorisation pour voyager avec de la Ritaline ou du Concerta ?
Le méthylphénidate est classé parmi les stupéfiants en France. Dans l'espace Schengen, il faut une autorisation de transport délivrée par l'ARS de la région où exerce le médecin (formulaire Cerfa 10083*03). Hors Schengen, si le pays l'exige, l'attestation est délivrée par l'ANSM : demandez-la au moins 10 jours avant le départ. Elle couvre au maximum 28 jours de traitement.
Comment obtenir plusieurs mois de traitement avant un long séjour à l'étranger ?
Pour un séjour hors de France de plus d'un mois et de moins de six mois, le médecin peut écrire sur l'ordonnance « à délivrer en une fois pour départ à l'étranger pour x mois ». Le pharmacien vous fait remplir une attestation sur l'honneur et peut alors délivrer tout le traitement. Cette dérogation ne vaut pas pour l'outre-mer ni pour constituer une trousse de secours, et certains médicaments gardent leur durée maximale.
Combien de stylos d'adrénaline emporter pour un enfant allergique ?
Les documents d'information validés par l'ANSM pour les stylos EpiPen et Anapen demandent d'avoir en permanence deux stylos sur soi. En voyage, gardez-les en cabine et renseignez-vous auprès de la compagnie sur les modalités. Attention à la chaleur : selon le produit, les stylos ne doivent pas dépasser 25 ou 30 °C.
Combien de médicaments peut-on rapporter en France ?
La douane accepte une quantité correspondant à un usage personnel : la durée de traitement prévue par l'ordonnance, ou à défaut trois mois. Au-delà de trois mois, l'ordonnance doit être présentée. Pour les stupéfiants et psychotropes, l'ordonnance originale est obligatoire, et la quantité doit correspondre à la durée qu'elle prévoit (à défaut, environ un mois de traitement).

Sources officielles

Les règles peuvent changer. Avant de partir, vérifiez toujours la fiche de votre pays de destination sur France Diplomatie.