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Prendre l'avion avec un bébé : papiers, biberons, siège et poussette

Un père tient son bébé souriant sur les genoux, attaché par une petite ceinture, à côté de la maman dans un avion

La première fois qu'on prend l'avion avec un bébé, on a l'impression de déménager. Biberons, couches, doudou, poussette, et ce petit passager qui n'a jamais connu la pression d'une cabine. La bonne nouvelle : les règles sont plutôt favorables aux parents. Encore faut-il les connaître avant d'arriver au contrôle.

Les papiers du bébé

Pour un vol vers l'étranger, Europe comprise, la règle est simple : le bébé a sa propre carte d'identité ou son propre passeport, comme n'importe quel voyageur. Notre fiche sur la carte d'identité et le passeport d'un enfant explique comment les obtenir dès la naissance.

Pour un vol en France, c'est plus nuancé. La réglementation de sûreté dispense les enfants de moins de 13 ans accompagnés d'un adulte du contrôle d'identité à l'embarquement. Mais chaque compagnie reste libre de demander un document. Air France, par exemple, l'exige aussi pour les enfants ; easyJet ne le demande pas aux moins de 13 ans sur ses vols intérieurs. Et le livret de famille est refusé partout : il n'a pas de photo.

Notre conseil est donc de faire une pièce d'identité au nom du bébé, même pour aller à Nice ou à Ajaccio. C'est gratuit pour la carte d'identité, et vous ne dépendez plus de la politique de la compagnie.

À partir de quel âge ?

Le Haut Conseil de la santé publique contre-indique l'avion pour un nouveau-né de moins de 48 heures, et conseille d'attendre la fin de la première semaine pour un bébé né à terme. Pour un prématuré, il recommande d'attendre l'âge corrigé de 41 semaines d'aménorrhée : demandez l'avis du pédiatre.

Les compagnies ajoutent leurs propres limites. Air France déconseille de voyager dans les 7 jours qui suivent la naissance ; easyJet refuse les bébés de moins de 14 jours. Vérifiez la règle de la vôtre avant de réserver.

Sur vos genoux ou sur son propre siège

Sur vos genoux

Âge
Moins de 2 ans
Sécurité
Une ceinture bébé fournie par l'équipage, attachée à la vôtre
Prix
Tarif bébé, selon la compagnie

Sur son propre siège

Âge
Possible avant 2 ans, obligatoire dès 2 ans
Sécurité
Un siège auto homologué pour l'avion, si la compagnie l'accepte
Prix
Tarif enfant

Ces règles viennent de l'Agence européenne de la sécurité aérienne. Un enfant de moins de 2 ans doit être attaché par un dispositif adapté : soit un siège enfant installé sur un siège de l'avion, soit, sur vos genoux, la petite ceinture « boucle » que l'équipage vous remet. Elle est obligatoire au roulage, au décollage, à l'atterrissage et pendant les turbulences. Dès 2 ans, chaque enfant a son siège.

Le siège auto doit être homologué pour la voiture et porter la mention d'usage en avion, mais c'est toujours la compagnie qui décide de l'accepter. Quant au berceau proposé sur certains long-courriers, il n'est pas un dispositif de sécurité : en cas de turbulences, le bébé en sort et revient sur vos genoux.

Côté prix, tout dépend de la compagnie. Air France applique une réduction de 90 % pour un bébé sur les genoux, easyJet un supplément. Chez les deux, un adulte ne peut pas tenir deux bébés sur ses genoux : avec des jumeaux, l'un des deux doit avoir un siège payant.

Le biberon passe le contrôle

Les liquides en cabine sont limités à des flacons de 100 ml dans un sac d'un litre. Sauf pour les bébés. La règle officielle est claire : les aliments liquides pour bébé sont autorisés en quantité nécessaire pour toute la durée du voyage, aller, séjour et retour. Même chose pour les médicaments liquides, avec l'ordonnance si possible.

Quelques conditions, tout de même.

  • Vous devez voyager avec le bébé : c'est sa présence qui justifie ces liquides.
  • Ils sont présentés à part au contrôle, et les agents peuvent vous demander d'y goûter. Sans justification convaincante, un produit peut être refusé.
  • Paris Aéroport conseille des récipients refermables plutôt que des petits pots en verre.

Au portique, la poussette et le sac à langer passent sur le tapis, et vous passez avec le bébé dans les bras.

Les oreilles

C'est la grande crainte des parents. Le conseil des pédiatres de l'Association française de pédiatrie ambulatoire est de faire avaler le bébé au décollage et à l'atterrissage (biberon, tétée ou tétine) et de bien lui dégager le nez avant le vol.

Une seule vraie contre-indication : l'otite. L'Assurance maladie recommande d'éviter l'avion pendant la phase aiguë d'une otite, et le HCSP compte les infections de l'oreille ou du nez parmi les contre-indications au vol. Si votre bébé est malade dans les jours qui précèdent, consultez avant de partir.

La poussette

Chez la plupart des compagnies, la poussette voyage gratuitement en soute. Certaines la récupèrent à la porte de l'avion, d'autres au dépôt des bagages, et vous la retrouvez selon les cas à la porte ou sur le tapis à l'arrivée : easyJet, par exemple, la rend au tapis bagages. Air France accepte aussi en cabine les poussettes entièrement pliantes de 55 × 45 × 25 cm maximum, qui remplacent alors le bagage à main de l'enfant.

Prévoyez un porte-bébé pour les couloirs de l'aéroport : il libère les mains au moment où la poussette disparaît.

Le sac cabine du bébé

  • Sa carte d'identité ou son passeport, indispensable hors de France
  • Lait, eau et repas pour tout le trajet, plus une marge en cas de retard
  • Ses médicaments, avec l'ordonnance, et une copie du carnet de santé
  • Couches, change complet, tétine et doudou

Vol annulé ou en retard : et le bébé ?

Le règlement européen sur les droits des passagers prévoit une indemnisation en cas d'annulation ou de gros retard. Mais il ne s'applique pas aux passagers qui voyagent gratuitement. La Cour de cassation l'a confirmé en 2021 : un bébé de moins de 2 ans qui voyage sans billet sur les genoux de ses parents n'a pas droit à l'indemnisation forfaitaire.

S'il a un billet payant, même à tarif réduit, la question n'est pas tranchée. Rien ne vous empêche de faire la demande pour lui aussi, en même temps que la vôtre.

Questions fréquentes

Mon bébé a-t-il besoin d'une pièce d'identité pour un vol en France ?
La réglementation de sûreté dispense les enfants de moins de 13 ans accompagnés d'un adulte du contrôle de concordance d'identité à l'embarquement. Mais certaines compagnies demandent quand même un document pour les enfants, Air France par exemple, et le livret de famille est refusé car il n'a pas de photo. Pour l'étranger, Europe comprise, le bébé doit avoir sa propre carte d'identité ou son propre passeport.
Peut-on emporter du lait et des petits pots en cabine ?
Oui. Les aliments liquides pour bébé échappent à la limite de 100 ml : ils sont autorisés en quantité nécessaire pour le trajet aller, le séjour et le retour. Ils sont contrôlés à part, les agents peuvent vous demander d'y goûter, et vous devez voyager avec le bébé.
À partir de quel âge un bébé peut-il prendre l'avion ?
Le Haut Conseil de la santé publique contre-indique l'avion avant 48 heures et conseille d'attendre la fin de la première semaine pour un bébé né à terme. Chaque compagnie fixe ensuite sa propre règle : Air France déconseille les 7 premiers jours, easyJet refuse les bébés de moins de 14 jours.
Combien coûte le billet d'un bébé ?
Cela dépend de la compagnie. Avant 2 ans, sur les genoux, Air France applique par exemple une réduction de 90 %, et easyJet un supplément. Dès 2 ans, l'enfant doit avoir son propre siège, au tarif enfant.
Un bébé a-t-il droit à une indemnisation en cas de vol annulé ou très en retard ?
Pas s'il voyage gratuitement et sans billet sur les genoux de ses parents : la Cour de cassation l'a jugé en 2021. S'il a un billet payant, même à tarif réduit, la question n'est pas tranchée : faites la demande pour lui aussi.

Sources officielles

Les règles peuvent changer. Avant de partir, vérifiez toujours la fiche de votre pays de destination sur France Diplomatie.